David Courtin n’est rien. Trop Rock pour de la Pop, trop Pop pour de l’Electro, trop Electro pour de la chanson Française, trop Chanson Française pour du Rock…
Déjà, on ne comprenait pas grand chose à son précédant opus, sur la pochette duquel l’individu fanfaronnait au volant d’une décapotable, affublée d’une paire de lunettes de soleil que même Sarkozy n’oserait pas porter. David Courtin est pourtant loin d’être milliardaire, si l’on en croit les ventes de l’objet plus que confidentielles… A côté de lui, les Ogres de Barback font figure de nantis. C’est le genre de type qu’on imagine plutôt à la terrasse d’un bistrot wi-fi parisien (pas trop loin de l’agence ASSEDIC) pianotant sur son portable afin de caser ses « oeuvres » sur deezer ou I.tunes. L’espoir d’en vendre quelques-uns suffit à faire vivre cet individu, qui plus est à vos crochets.
Pire, il récidive ! Envers et contre tout, il commet aujourd’hui un nouveau « chef d’oeuvre » au titre rien moins auto-proclamé que « Bombasse ». Fini, les Ray-Ban et le « bling bling » à deux Euros. On y voit le gandin sortir de la piscine, dans son plus simple appareil, (rassurez-vous, il est coupé aux épaules) le minois resplendissant comme un lendemain de cuite. Béni soit Photoshop…
Une pochette à l’image des quatre chansons qu’elle contient : sous l’apparence de cette musique assourdissante que l’on martèle dans les discothèques et qui se contente généralement de décerveler la jeunesse, David Courtin distille des textes effrontés, cyniques en diable, dans lesquels nos valeurs traditionnelles sont littéralement bafouées. On y croit plus à rien… « Où est ma bombasse, Marie pleine de grâce je me sens seul », « L’amour est un cercueil à deux compartiments », « On dit qu’il rend aveugle et qu’y rêver rend sourd » et autres aphorismes dont je vous fait grâce. Mieux vaut encore pour nos jeunes écouter les navrantes confessions de Diams ou Vitaa que de subir cet entrisme pernicieux, dont l’apparente festivité cache un bouquet de fleurs du mal ! Ses mélodies sont des serpents qui dansent ! Ses arrangements lascifs sont propices à la transe, à la fornication, au vice, aux sept péchés capitaux !
Pour l’instant, son public tient plus de la secte déjantée que du mouvement de masse, et l’orage est encore loin. Mais prenez garde ! La musique de David Courtin contient en germe tous les éléments d’un véritable raz-de-marée à venir et je gage que d’ici peu votre petit dernier fredonnera malgré lui «Trop d’amour tue l’amour »…
Bernard Paul, L’INSTANT-Hebdo